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7, 8, 9 IL EST LÀ LE BONHEUR

Ce bidou qui va me manquer, cette grossesse presque parfaite, ces moments de joie, de bonheur, de rires mais aussi de larmes et de stress.

Mes deux premiers trimestres de grossesse ont été magiques, exceptionnels mais le 21 juin, à 27 SA, j’apprends que mon placenta s’est inséré en bas…

 

 

La découverte du placenta praevia

 

 

Le 21 juin, nous préparons les deux ans de mon neveu d’amour, Yanis. Je me réveille, je fais mon sport quotidien spécial grossesse, je me prépare et je me rends chez ma soeur pour terminer les derniers préparatifs. Les invités commencent à arriver et  vers 18h, je sens quelque chose couler. Je n’y prête pas attention mais 10 minutes plus tard, une envie pressante, je me rends au toilette et là : HORREUR ! Je saigne ! 

Comment vous expliquer mon état à ce moment précis ? Rien qu’en l’écrivant, j’en ai des frissons. Il est courant de saigner en début de grossesse mais à mon stade, ce n’était pas normal. J’en pleure ! J’appelle ma soeur qui me dit de ne pas m’inquiéter puis, mon mari qui semble, lui, plus perturbé. Direction les urgences… 

Après une prise de sang, un cathéter, un monitoring, une échographie vaginale et plusieurs heures d’attente, le verdict tombe : j’ai un placenta praevia 

 

Qu’est-ce qu’un placenta praevia ?

 

Le placenta permet au bébé de vivre, c’est la communication entre le bébé et la maman. Il lui permet de se nourrir et de lui fournir de l’oxygène. Sans ça, le bébé ne peut survivre.

Généralement, le placenta se place en haut ou sur les côtés et dans de rares cas, en bas. Lorsqu’il est placé en bas, il ne permet pas un accouchement par voie basse : le placenta bloque la sortie du bébé et encore une fois, le placenta permet au bébé de vivre, il ne peut donc pas sortir avant lui. Rien ne provoque le « placenta praevia » et je n’avais aucun facteur de risque mais c’est le destin, il s’est placé là et même si je m’étais reposée toute ma grossesse, je l’aurais appris tôt ou tard.

J’apprends donc que je risque d’accoucher par césarienne et de manière prématurée. Je ne m’y étais absolument pas préparée mais je finis par l’accepter. Ce qui m’importe, c’est la santé de mon bébé. 
Le médecin me dit de ne pas m’inquiéter, que tout semble être en ordre et que le placenta risque encore de monter. J’y ai cru, jusqu’au dernier jour… 

 

Mes hospitalisations :

 

 

Lors de ma première urgence, le 21 juin, 4 autres ont suivies. Toujours des saignements rouge vif très inquiétants qui me conduisent aux urgences. J’ai passé plusieurs jours à l’hôpital car suite aux saignements, tout devait être contrôlé pendant au moins 48h. 

Piqûres, médicaments, baxter, … Je pense que je ne me suis jamais fait autant piquée mais je gardais le sourire. Les infirmières adoraient rentrer dans ma chambre car je prenais toujours le temps de me faire jolie, d’être présentable, propre et surtout, je gardais le sourire car je sais que d’autres vivent des situations encore plus graves et que j’étais chanceuse de vivre en Belgique et d’être suivie.

 

Mes activités :

 

Très assidue au sport, j’en faisais tous les jours pendant 20 minutes mais j’ai dû tout arrêter. Je n’étais pas alitée mais je devais faire le minium d’efforts : fini le ménage, fini le sport, fini les sorties, fini les efforts. Je ne sortais plus, je restais cloîtrée chez moi quand Monsieur était au boulot et le week-end, on sortait un peu sans pour autant faire trop d’effort.

Si j’en faisais trop, je risquais d’avoir des contractions, de faire saigner mon placenta et d’accoucher prématurément. Or, il fallait gagner du temps…

 

Mon accouchement :

 

 

Le mercredi 31 juillet, jour de mes 28 ans, mon mari me fait la surprise d’aller manger au restaurant japonais, un bon buffet à volonté que j’avais tellement hâte de déguster. Après s’être servis deux fois, je sens des saignements mais cette fois, très intenses…
Choqués tous les deux, on se rend aux urgences immédiatement et cette fois-ci, en ambulance car les saignements ne s’arrêtaient plus. J’ai gardé mon calme malgré tout et j’essayais de me rassurer comme je peux…
Arrivés au bloc d’accouchement, on me place dans une salle de travail pour surveiller mes contractions qui se sont calmés après une cure intraveineuse pour les faire diminuer. 

Je suis restée plus de 48h en observation et le samedi 3 août, je peux sortir (comme avec toutes mes hospitalisations, je sortais au bout de 2-3 jours) mais cette fois, les saignements reprennent dans la même soirée. Le verdict tombe alors, je dois rester alitée ! 
Un drame pour moi de dépendre des infirmières et de mon mari alors que jusqu’ici je faisais tout moi-même. On me fait encore une fois couler une cure de 48h dans les veines pour les contractions. 

Le lundi 5 août, la cure se termine aux alentours de 18h et après un monitoring vers 20h d’environ 30min, les infirmières se rendent compte que mes contractions étaient toujours là, plus intenses et plus rapprochées. Elles décident de me laisser le monitoring plus longtemps et après 2h30 de monito, les contractions étaient certes un peu moins rapprochées mais toujours présentes. 

L’assistante gynécologue vient me voir et me rassure en me disant que je devais m’en détendre et me reposer mais qu’un accouchement prématuré n’est pas à exclure. Pendant qu’elle me parle, je sens à nouveau que du sang coule, elle vérifie et me fait comprendre que je dois appeler Monsieur pour passer à l’acte.
22h30 j’appelle mon mari qui s’empresse de préparer ma valise de maternité. Ils me descendent directement en salle de travail pour tout préparer (la sonde, le cathéter,…) et pendant ce temps, on attend le pédiatre, l’anesthésiste, ma gynécologue et toutes les personnes qui seront présentes durant ma césarienne.
Ça y est, c’est l’heure, tout va si vite, je sens la rencontre avec mon bébé arriver, je reste sereine, je souris, je stress un peu, j’ai froid, on me parle, je souris, je rigole et je vois mon mari derrière la vitre qui me soutient. 

23h06, il est là, notre champion, notre guerrier. À 33 SA, les poumons de bébé ne sont pas encore bien développés, il a besoin d’une aide respiratoire, je ne le sais pas encore, on me referme, mon mari me dit que tout va bien mais je ne vois plus mon bébé, je garde mon calme. Ça a duré 30 minutes au total, c’était rapide et pas du tout douloureux, un peu désagréable par moment. Je tremble encore, la salle de césarienne est froide mais le corps médical sait me faire rigoler, me faire passer le temps. 

Le pédiatre entre dans la salle, il me dit que bébé va bien mais qu’il aura besoin d’une aide respiratoire quelques jours. A la sortie de ma césarienne, je me rends en néonatalogie où je peux enfin voir mon bébé, notre bébé, le fruit de notre amour. Le bonheur m’envahit, je suis heureuse, sereine et j’ai confiance en mon guerrier, il va s’en remettre et vite… 

 

L’après césarienne : 

 

Une césarienne magique, je m’en suis vite remise et je garderais à vie cette cicatrice de l’amour, notre fils, notre premier enfant tant désiré… 
La césarienne est une intervention qui dure entre 20 et 30 minutes au total. Elle ne se fait pas sous anesthésie générale mais sous rachianesthésie (une piqûre dans le dos, comme une péridurale). Je n’ai ressenti AUCUNE douleur pendant l’intervention si ce n’est qu’on tirait sur mon ventre. Le corps médical a su me faire passer le temps en me racontant des histoires, en blaguant et en m’expliquant tout en détail. 

Une fois l’intervention terminée, je suis en forme, je sens mes jambes s’en remettre tout doucement. Je monte dans ma chambre vers 3h du matin (j’ai accouché à 23h06) et j’essaye de dormir un peu. Le matin, aucune douleur, je bouge normalement. J’ai toujours la sonde urinaire. Je suis ravie que tout se passe bien. J’avais un boitier de morphine que je pouvais enclencher en cas de douleur, je n’ai rien ressenti et surtout, je ne voulais pas l’utiliser.  

À J+2 aucune douleur mais j’essaye de me lever, je n’ai plus la sonde, je marche lentement et en étant essoufflé très vite. Ce n’est pas évident de se lever du lit, on sent le poids dans le bas du ventre. Je ne prends pas beaucoup d’anti-douleurs car je trouve que c’est supportable et je veux sentir la douleur car je n’aime pas prendre de médicaments… 

La nuit de J+2 à J+3 a été la plus douloureuse, ce n’était pas une partie de plaisir mais la douleur s’en est allée après 3 heures et puis, plus de vraies douleurs mais un poids lourd qui m’empêche de marcher convenablement, je suis courbée mais je décide de marcher pour m’en remettre au plus vite. Progressivement, je me sens de mieux en mieux. 

Je sors de l’hôpital après 4 jours. Les trajets en voiture sont compliqués, on sent l’intérieur de son ventre très fragile, ça bouge dans tous les sens. Monsieur est contraint de rouler très lentement surtout s’il y a des dos d’âne ou des routes abîmées. 
Après 7 jours, ma belle-mère infirmière m’enlève les agrafes. Je ne sens rien et je peux enfin bien voir ma cicatrice que j’admire avec la larme à l’oeil. Finalement, quelle chance j’ai eu ! 

Progressivement, je me rétablis. Ce n’est pas si horrible que ça, c’est supportable et quand on voit son bébé, on ne peut s’apitoyer sur son sort. Après 10 jours post-partum, on peut dire que tout est rentré dans l’ordre. Durant ces 10 jours, j’ai essayé de me reposer et de faire le minimum d’effort. 

 

Comment ai-je vécu l’urgence ? 

 

 

Il faut le dire, je suis une personne très souriante et assez positive. Je suis très organisée et pour mon accouchement, j’avais prévu de tout terminer pour le mois d’août sachant que mon terme était le 21 septembre : présents pour les visiteurs, valise complète, pyjamas pour moi et baby,… 
Dans la vie, rien ne se passe jamais comme prévu. On a beau tout préparé et s’y prendre à l’avance, lorsque tout est écrit, on ne peut aller à l’encontre de son destin. J’avais un projet de naissance, une idée précise de ce que je voulais et attendais pour mon accouchement et la vie m’a clairement fait comprendre que je n’avais pas la main sur mon avenir. 

Depuis le 21 juin, tout a été chamboulé, fini les sorties et les efforts (moi qui avait prévu de faire un gros tri chez moi avant l’arrivée de baby). 
Heureusement, j’ai toujours été bien entourée et mon mari m’a été d’une grande aide, il avait les mots, la patience et le courage de supporter toutes mes hospitalisations en plus de son boulot. 

Malgré tous ces événements, je gardais le sourire et je rassurais même mon entourage. J’avais des moments de chagrin et de déprime mais ça ne durait pas car je savais que j’étais chanceuse d’être entourée, d’être suivie en Europe et d’être en bonne santé.  Mes moments de doute ne duraient que quelques minutes… 

Je sais être reconnaissante et dans les moments compliqués, au lieu de continuer à m’apitoyer sur mon sort et à m’enfoncer, j’essaye de voir le positif car comme je le dis toujours : IL Y A TOUJOURS DU POSITIF ! 

Ma grossesse a été riche en émotion, j’ai pu me rendre compte encore une fois que j’avais un mari et une famille incroyable et surtout, que j’arrivais à m’adapter à n’importe quelle situation. Je me suis trouvée courageuse, forte et j’en suis fière. Je suis fière de ce que je suis, de ce que je suis devenue, de ma capacité à sourire malgré les différentes difficultés. 

Dans la vie, il faut pouvoir vivre des moments de stress, des moments compliqués, des moments de doute pour pouvoir se relever et évoluer. 

 

Nostalgie
 

Est-ce que j’ai eu peur ? MON DIEU OUI ! Est-ce que j’ai douté ? TELLEMENT DE FOIS ! Est-ce que je recommencerais ? Oui ! Est-ce que j’ai aimé être enceinte ? OH OUI ! 

Quelle aventure merveilleuse ! Je vous souhaite de vivre ce bonheur car ça en vaut tellement la peine… Porter la vie, se sentir épanouie, voir son ventre grossir puis, croiser le regard de ce petit boutchou, quelle expérience magique et incroyable… 

Il existe des grossesses à risque, il existe des accouchement à risque, des fausses couches, des difficultés mais le tout c’est de pouvoir garder le sourire et de se dire qu’il y a toujours pire et que nous sommes chanceux d’être en vie.